Vous avez adoré la couv, voici un premier extrait pour ce texte fort qui s’annonce plein d’émotion.

Je suis très heureux de vous partager les premières lignes d’un passage de ce roman qui risque de vous marquer…

EXTRAIT INÉDIT :

Peut-être qu’une enfance aussi encombrée de doutes et de difficultés que la mienne est apte à nous accorder ce don. Parce que nous n’avons que nous sur qui compter. Je pense que c’est un des aspects les plus positifs d’une situation comme la mienne, car il nous donne le choix que d’autres n’ont pas. Il nous offre à coups de douleur je vous l’accorde, d’aller là plutôt qu’ici et de peut-être nous trouver.

J’ai eu la chance de devoir faire avec moi malgré les tempêtes et le tonnerre qui grondaient en mes landes. De devoir me mettre dans des situations pour le moins étranges, dangereuses ou surprenantes pour survivre à certains moments de mon existence.

Creuser mon être par toutes sortes de remises en question fut une aubaine à mon sens et sans le moindre doute mon salut. Mais je crains devoir avouer ici que c’était inné ou du moins, provoqué dès mon plus jeune âge, grâce ou à cause d’une situation familiale hors norme.

J’ai très vite compris que je ne pourrais pas compter sur ces deux adultes pour avancer dans la vie ni sur ce grand frère. Que j’étais bien plus mature en bien des occasions et situations qu’eux ne le seraient jamais.

Je n’avais donc pas trente-six solutions. N’ayant pas d’exemple masculin digne de mes attentes, j’allais devoir faire avec mon imaginaire, mes espérances d’être vivant et les desseins que mes rêves nourrissaient. J’allais donc devoir composer avec ce petit corps d’enfant. Un corps tout en émoi, fluet pour ne pas dire maigre et au teint blafard, poussant comme un roseau sauvage. Se pliant lors de vent fort mais ne cédant jamais.

J’allais devoir faire avec cet esprit et ce cerveau se construisant. Trier le bien du mal, et ce n’est pas rien à un âge où l’on devrait plus penser à jouer que philosopher sur un avenir qu’on espère radieux. Des rencontres qu’on attend et que l’on espère meilleures que l’exemple qui nous sert de parents.

La meilleure des solutions pour ce faire, est d’apprendre à s’apprécier, faire avec les moyens du bord, se construire malgré les doutes et les incertitudes, rire de soi, s’observer et se tester à tout moment. Avoir sans cesse faim de vie, être un gourmand de tout. S’atteler à devenir un épicurien hors pair. Être à l’écoute de tous ses sens, de son corps, un aventurier dans l’âme et un explorateur des âmes que nous croisons.

Il est difficile de mettre son être au bord de la falaise, de le laisser flotter dans des océans tourmentés sans éprouver de terreur, de l’envoyer gambader sous la foudre et les vents violents d’une existence qui se veut bien moins rose qu’on nous le fait croire.

Mais lorsqu’on y arrive, lorsqu’on prend par la main ce petit être que nous sommes et que l’on parvient à l’accompagner jusqu’au bord de ce précipice, sans faillir, une force incommensurable et indescriptible nous envahit. Car nous comprenons que ce petit être sera notre meilleur ami, notre compagnon de vie le plus sûr, notre incontournable allié, le seul sur qui vraiment compter si par malheur, on glissait dans le vide. Celui par qui tout peut arriver. Un être vivant, flamboyant et empli de joliesse. Malgré ses complexes et ses doutes, ses blessures et ses désillusions. Malgré sa ou plutôt, ses « différences ».

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